Le maire exerce une double fonction : il dirige l'exécutif de sa commune et représente l'État sur son territoire. Au quotidien, cela se traduit par la préparation du budget communal, la tenue de l'état civil, l'exercice de pouvoirs de police et l'organisation des élections. Ces attributions sont fixées par le code général des collectivités territoriales et détaillées chaque année dans le Guide du maire.
En bref:
- Les conseillers municipaux élisent le maire à bulletin secret : la majorité absolue est requise aux deux premiers tours, puis la majorité relative suffit au troisième.
- Pour l’état civil et les élections, les recours visent l’État, tandis que les demandes relatives au budget ou à l’urbanisme relèvent de la commune.
- Le maire peut réglementer le stationnement, les nuisances sonores et la circulation par arrêté, mais celui-ci doit rester proportionné au trouble à prévenir.
- Le conseil municipal vote les orientations et le budget, puis le maire exécute les décisions, signe les marchés et dirige les services municipaux.
- Un conseiller qui conteste la convocation, le quorum ou le scrutin peut saisir le tribunal administratif dans le délai prévu par le code électoral.
Table des matières
- Élection du maire : quand et comment se déroule le vote au sein du conseil municipal
- La double casquette du maire : attributions comme exécutif communal vs agent de l'État
- Pouvoirs de police du maire : que peut-il décider et quelles sont les limites
- Attributions administratives et financières : budget, marchés publics, gestion du personnel et patrimoine
- Délégations, suppléance et responsabilité : comment le maire partage ou assume ses pouvoirs et comment prend fin un mandat
- Pourquoi ces compétences comptent pour vous, citoyen·ne
- Option complémentaire : s'entraîner à l'examen civique avec Francopass
- Questions fréquentes
- Sources
Élection du maire : quand et comment se déroule le vote au sein du conseil municipal
Le maire n'est pas élu directement par les habitants de la commune. Ce sont les conseillers municipaux, eux-mêmes élus lors des municipales, qui choisissent le maire parmi leurs rangs lors d'une séance appelée séance d'installation. Cette réunion se tient après le tour de scrutin qui a clos le renouvellement général du conseil.
La séance débute sous la présidence du doyen d'âge de l'assemblée, qui procède à l'appel des conseillers et vérifie que le quorum est atteint avant d'ouvrir les débats. L'élection se déroule ensuite selon des règles précises fixées par les textes.
- Le vote se fait au scrutin uninominal et à bulletin secret, chaque conseiller déposant son bulletin dans l'urne sans discussion publique sur les candidatures.
- La majorité absolue des suffrages exprimés est nécessaire pour être élu dès le premier ou le second tour.
- Si aucun candidat n'obtient cette majorité après deux tours, un troisième tour est organisé où la majorité relative suffit, c'est-à-dire que le candidat arrivant en tête l'emporte même sans dépasser la moitié des voix.
- En cas d'égalité de voix lors de ce troisième tour, le candidat le plus âgé est déclaré élu.
Ces modalités d'élection s'appliquent aussi, dans la foulée, à l'élection des adjoints au maire, qui suivent un processus similaire lors de la même séance.
Un conseiller qui estime que l'élection s'est déroulée irrégulièrement, que ce soit sur la convocation, le quorum ou le déroulement du scrutin, peut saisir le tribunal administratif compétent. Ce recours doit être exercé dans un délai encadré par le code électoral, ce qui invite à agir rapidement si une anomalie est constatée. Passé ce cadre contentieux, le maire élu entre en fonction et peut commencer à exercer ses attributions, qui se répartissent en deux grandes catégories bien distinctes.
La double casquette du maire : attributions comme exécutif communal vs agent de l'État
Comprendre le rôle du maire suppose de distinguer deux fonctions qui coexistent chez la même personne mais obéissent à des logiques différentes. D'un côté, le maire agit au nom de la commune en tant qu'exécutif local. De l'autre, il agit au nom de l'État, qui lui délègue certaines missions sur le territoire communal.
En tant qu'exécutif communal, le maire prépare le budget et l'exécute une fois voté par le conseil municipal, signe les marchés publics et les contrats engageant la commune, gère le patrimoine municipal (bâtiments, voirie, espaces verts) et dirige les services municipaux. Il met en œuvre les décisions prises collectivement par le conseil, dont il est l'organe exécutif. Ces fonctions d'exécutif local sont encadrées par l'article L. 2122-22 du CGCT, qui énumère précisément les compétences que le conseil municipal peut lui déléguer.
En tant qu'agent de l'État, le maire exerce des missions d'une toute autre nature : il est officier d'état civil (il célèbre les mariages, enregistre les naissances et les décès), officier de police judiciaire, et responsable de l'organisation matérielle des élections sur sa commune, notamment la tenue des listes électorales. Ces attributions sont fixées par les articles L. 2122-27 et suivants du CGCT.
- Pour une demande d'acte de naissance, de mariage ou un dossier d'urbanisme, le maire agit comme exécutif communal : l'interlocuteur reste la mairie.
- Pour une contestation liée à une décision prise en tant qu'agent de l'État (état civil, élections), le recours contentieux se dirige contre l'État lui-même, et non contre la commune.
- Le préfet exerce un contrôle de légalité sur les actes pris par le maire en tant qu'exécutif communal, ce qui garantit que les décisions locales respectent le droit.
Cette distinction a une conséquence pratique immédiate. Quand une décision prise par le maire en qualité d'agent de l'État cause un préjudice, la responsabilité qui en découle engage l'État et non la commune, ce qui change la voie de recours à emprunter. Savoir à qui s'adresser selon la nature du dossier évite bien des démarches inutiles.
Pouvoirs de police du maire : que peut-il décider et quelles sont les limites
Le pouvoir de police administrative constitue l'une des compétences les plus visibles du maire dans la vie quotidienne d'une commune. Il repose sur l'article L. 2212-2 du CGCT, qui charge le maire d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques sur le territoire communal. Ce pouvoir est une compétence propre du maire, exclusive au point que le conseil municipal ne peut pas s'y substituer sans commettre une incompétence.
Concrètement, cela se traduit par des arrêtés municipaux qui encadrent la vie locale : limitation du stationnement dans certaines rues, réglementation des nuisances sonores liées aux travaux ou aux activités commerciales, mesures sanitaires en cas de risque pour la salubrité publique, ou encore gestion de la circulation lors d'un événement. Pour être légal, un arrêté doit rester proportionné au trouble à l'ordre public qu'il vise à prévenir et ne peut pas aller au-delà de ce qui est nécessaire.
- Le maire peut réglementer le stationnement, les bruits de voisinage et les activités commerciales qui troublent la tranquillité publique. Le maire peut prendre des arrêtés municipaux dans le cadre de son pouvoir de police administrative, notamment pour répondre à des risques pour la sécurité ou la salubrité publiques.
Conseil de pro : avant de contester un arrêté municipal, vérifiez s'il concerne une compétence propre du maire ou une matière où le préfet garde la main, car la voie de recours n'est pas la même.
Le maire exerce un pouvoir de police administrative générale sur le territoire de sa commune, ce qui en fait un interlocuteur direct pour les troubles dans l'espace public.
Attributions administratives et financières : budget, marchés publics, gestion du personnel et patrimoine
Au-delà de la police, le maire assume une charge de gestion considérable qui touche directement au fonctionnement quotidien de la commune. Ces attributions s'exercent sous le contrôle du conseil municipal, qui vote les grandes orientations, mais c'est le maire qui les met en musique.
- Préparer et proposer le budget communal : le maire élabore le projet de budget, qu'il soumet ensuite au vote du conseil municipal, avant d'en assurer l'exécution une fois adopté.
- Ordonnancer les dépenses : une fois le budget voté, le maire autorise les paiements, en lien constant avec le comptable public qui vérifie la régularité de chaque opération avant de la réaliser.
- Signer les marchés publics : le maire passe et signe les contrats liant la commune à des prestataires, dans le respect des règles de publicité et de mise en concurrence imposées par le code de la commande publique.
- Gérer le patrimoine communal : bâtiments publics, voirie, espaces verts et équipements sportifs relèvent de sa responsabilité de gestion au quotidien.
- Diriger le personnel municipal : le maire recrute, nomme et gère les agents communaux, sous réserve des décisions relevant du conseil pour les emplois les plus sensibles.
- Attribuer les subventions aux associations locales : selon les orientations votées par le conseil, le maire propose et met en œuvre le soutien financier aux structures associatives de la commune.
Cette répartition des rôles explique pourquoi certains dossiers avancent vite (ceux relevant directement de la délégation du maire) et d'autres nécessitent un passage en conseil municipal, notamment les décisions les plus engageantes financièrement. Le maire reste néanmoins la figure qui donne l'impulsion et assure le suivi opérationnel de chaque projet, qu'il s'agisse de la rénovation d'une école, de la réfection d'une voirie ou de la gestion d'un service public local comme la cantine scolaire ou la collecte des déchets.
La gestion du patrimoine communal illustre bien cette logique d'exécution continue. Le maire ne décide pas seul de construire une nouvelle école ou de rénover un gymnase, mais une fois la décision prise par le conseil, c'est lui qui pilote les marchés, suit les travaux et rend compte de l'avancement. Cette articulation entre décision collective et exécution individuelle structure l'ensemble de l'administration municipale.

Délégations, suppléance et responsabilité : comment le maire partage ou assume ses pouvoirs et comment prend fin un mandat
Le maire est seul chargé de l'administration de sa commune, mais la loi lui permet d'alléger cette charge en déléguant une partie de ses fonctions. Cette organisation garantit la continuité du service public même quand le maire ne peut pas tout traiter personnellement.
- Le maire peut déléguer par arrêté une partie de ses attributions à un ou plusieurs adjoints, voire à des conseillers municipaux, sous sa surveillance et sa responsabilité.
- Ces délégations restent limitées aux matières prévues par les textes et le maire doit en rendre compte au conseil municipal.
- En cas d'empêchement du maire, les décisions relatives aux matières déléguées peuvent revenir au conseil municipal lui-même.
- Un adjoint ou un conseiller délégué assure l'intérim en cas d'absence temporaire, selon l'ordre fixé lors de l'élection.
Sur le plan de la responsabilité, le maire peut voir sa responsabilité administrative engagée pour une faute dans la gestion communale, et sa responsabilité pénale peut être recherchée dans certaines circonstances, notamment en matière de sécurité publique. Le mandat de maire peut prendre fin de plusieurs façons : par démission volontaire adressée au préfet, par révocation prononcée par décret en conseil des ministres dans des cas graves, ou encore à l'issue d'un contentieux électoral tranché par le tribunal administratif. Dans chaque cas, des voies de recours existent pour contester la décision, ce qui garantit un minimum de protection juridique à l'élu comme aux citoyens concernés.
Pourquoi ces compétences comptent pour vous, citoyen·ne
Savoir qui fait quoi en mairie change concrètement la façon dont on aborde ses démarches. Le maire reste, dans la plupart des situations, le premier interlocuteur accessible pour un habitant, que ce soit pour signaler un problème de voirie, déposer une demande d'état civil ou comprendre une décision d'urbanisme qui touche son quartier.
Cette proximité a une utilité pratique directe : savoir si une demande relève de la compétence propre du maire ou d'une décision qui doit passer par le conseil municipal permet d'anticiper les délais et de s'adresser au bon service dès le départ. De la même façon, distinguer ce qui relève de l'exécutif communal de ce qui relève de l'agent de l'État aide à identifier la bonne voie de recours en cas de désaccord. Nous pensons que cette clarté, loin d'être un détail administratif, donne aux citoyens les moyens d'agir plutôt que de subir les lenteurs d'un circuit mal compris. Se renseigner auprès des services municipaux reste le réflexe le plus simple avant d'entamer une démarche.
— cheikh
Option complémentaire : s'entraîner à l'examen civique avec Francopass
Comprendre le rôle du maire fait partie des connaissances attendues à l'entretien de naturalisation et à l'examen civique, puisque le fonctionnement des institutions locales y figure régulièrement. Pour réviser ce type de notions sans se perdre dans les textes juridiques, nous avons conçu Francopass comme un accompagnement structuré qui transforme ces connaissances institutionnelles en entraînement concret.

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Questions fréquentes
Qui élit le maire d'une commune en France ?
Le maire est élu par les conseillers municipaux lors de la séance d'installation qui suit les élections municipales, et non directement par les habitants. Le scrutin se fait à bulletin secret, à la majorité absolue aux deux premiers tours puis à la majorité relative au troisième.
Quelle est la différence entre le maire exécutif communal et agent de l'État ?
En tant qu'exécutif communal, le maire gère le budget, le patrimoine et les services municipaux au nom de la commune. En tant qu'agent de l'État, il exerce des missions comme l'état civil ou l'organisation des élections, des décisions qui engagent alors la responsabilité de l'État.
Quels pouvoirs de police le maire peut-il exercer ?
Le maire dispose d'un pouvoir de police administrative générale fondé sur l'article L. 2212-2 du CGCT, pour assurer la sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques. Ce pouvoir se traduit par des arrêtés municipaux, par exemple sur le stationnement ou les nuisances sonores, mais il reste limité par les compétences du préfet dans certaines matières.
Comment le maire peut-il déléguer ses fonctions ?
Le maire peut déléguer une partie de ses attributions à un ou plusieurs adjoints ou conseillers municipaux par arrêté, tout en gardant la surveillance et la responsabilité de ces matières. En cas d'empêchement du maire, les décisions relevant des matières déléguées peuvent revenir au conseil municipal.
Francopass permet-il de réviser les institutions locales pour l'examen civique ?
Oui, le plan d'étude personnalisé de Francopass propose une préparation à l'examen civique via des quiz et des simulations d'entretien oral.
Sources
- Les fonctions, les pouvoirs d’un maire| Vie publique
- Élection du maire et des adjoints après les municipales : modalités, convocation, quorum et contentieux
- Le maire, agent de l'État | Collectivités Locales
